Projet de recherche : la réception par les adolescents des images violentes, sexuelles et haineuses

Responsable du projet : Sophie Jehel, Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication, Université Paris 8 Saint Denis, Laboratoire CEMTI EA 3388, chercheure associée au CARISM, Paris 2
Avec la participation de Patricia Attigui, Professeur de psychopathologie et de psychologie clinique, coordinatrice de l’équipe des psychologues, Université Lumière Lyon 2, Laboratoire CRPP EA 656

Équipe de recherche :
Direction scientifique :
Sophie JEHEL et Patricia ATTIGUI
Psychologues cliniciens :
Ivana BELOUIN, Psychologue clinicienne, Jean-François CHICA, Psychologue clinicien, Angélique GOZLAN, Docteure en psychologie clinique, psychologue clinicienne, Marion MINARI, Psychologue clinicienne, Geoffroy WILLO TOKE, Docteur en psychologie clinique, psychologue clinicien et formateur à l’IRTS Parmentier
Avec la collaboration des étudiants en master Culture et communication, Université Paris 8 : Maria Ignacia ALCALA SUCRE, Leo JANNOT- SPERRY, Sofia POLONIECKI.

Projet soutenu par la Fondation de France, Le GIP Droit et Justice, la direction de la recherche de la PJJ, l’UNAF, les CEMEA, La Ligue de l’enseignement.
Lieu de la journée d’étude : UNAF, 28 place Saint Georges 75009 Paris
Amphithéâtre Pierre Laroque

L’ambition du projet de recherche
De nombreux jeunes sont confrontés aux images violentes à travers les différents médias, et plus encore avec Internet, involontairement et volontairement. Il nous paraît donc important de prendre au sérieux la rupture que constitue, depuis plus de 10 ans, la proximité des images violentes facilement accessibles (téléphone portable, ordinateur) dans le processus de socialisation des jeunes. Il nous semble également essentiel de prêter attention à la nature de la relation que les jeunes entretiennent avec ces images qui reste souvent cachée.
Nous pensons que la connaissance des fragilités de certains jeunes vis-à-vis des images ouvrira de nouvelles perspectives notamment pour lutter contre diverses formes de violences entre jeunes, ou permettre aux jeunes concernés de ne pas rester dans le clivage entre la consommation solitaire de ces images et l’intégration des valeurs de la société globale et approfondir l’analyse des phénomènes de « radicalisation ».
Les deux phases de l’enquête
La première phase de l’enquête a été réalisée entre 2015 et 2016. Il s’agit d’une enquête qualitative, portant en premier lieu sur la culture médiatique des jeunes, et les images violentes, sexuelles ou haineuses. Des entretiens collectifs et individuels ont été menés dans 11 établissements de milieux sociaux et scolaires très différents, dans quatre régions de France. Ils ont été conduits par une équipe composée de deux chercheurs, une sociologue et un-e psychologue, auprès de 90 mineurs de 15 à 18 ans, dans le contexte de l’Éducation nationale, de la Protection judiciaire de la jeunesse ou de l’Aide sociale à l’enfance. 30 entretiens ont également été réalisés auprès de professionnels qui exercent un rôle éducatif auprès de ces adolescents et 30 entretiens auprès de parents d’enfants de 14 à 18 ans, de milieux sociaux diversifiés.

Les résultats de cette première phase de l’enquête concernent l’importance de la culture médiatique dans la construction identitaire des adolescents, mais aussi l’ampleur et la précocité de la rencontre avec des images violentes, sexuelles ou des messages haineux. Une typologie des attitudes et des stratégies développées spontanément face à elles a également été élaborée autour de trois catégories principales : évitement, adhésion, indifférence. La capacité d’analyse critique ou de mise à distance a fait l’objet d’une analyse particulière, autour d’une quatrième catégorie, celle de l’autonomie de jugement. Dans tous les milieux sociaux et scolaires enquêtés, des capacités d’analyse critique et d’autonomie ont été observées, mais elles ne sont pas présentes chez tous les jeunes. Selon les milieux sociaux, familiaux, scolaires, certaines stratégies semblent prépondérantes.

Une seconde phase de la recherche a été menée de novembre 2016 à juillet 2017 à travers l’organisation de 15 ateliers avec des adolescents (101 au total), 8 ateliers avec des professionnels et 2 ateliers avec des parents, dans les mêmes établissements chaque fois que cela était possible, pour tirer des enseignements quant à la place des images violentes dans la culture médiatique des jeunes et les difficultés qu’elles peuvent représenter pour eux, et pour évaluer les besoins et les demandes des différents acteurs afin de pouvoir accompagner les jeunes sur internet en tenant compte des premiers résultats de l’enquête.